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Lucía Extebarria

» Lettres d’une rebelle
Propos recueillis par Daniel Matias

Basque, madrilène, républicaine, féministe, Lucía Extebarria est tout cela à la fois. Couverte de prix dans son pays, dont le prestigieux Premio Planeta, l’équivalent du Goncourt, la jeune romancière espagnole déclenche souvent la controverse dans le microcosme littéraire et même au-delà. Lucía Extebarria ne mâche pas ses mots. Le privilège de ceux qui ont su conquérir leur liberté.
Rencontre avec une femme de lettres à la plume mordante et au parler franc.

 

RAICES : Cosmofobia, sorti en 2007, nous plongeait dans une véritable comédie humaine madrilène. Comment analysez-vous l’évolution de la ville ces vingt dernières années ?
Lucía Extebarria : Aujourd’hui, Madrid est difficile à vivre. C’est devenu par exemple la plaque tournante du trafic de la coke en Europe. Pourtant, par le passé, c’était une ville très agréable. Elle est devenue peu à peu comme Paris : stressée, trop grande, violente. Quand une ville dépasse un certain seuil de population, elle devient pour moi un enfer. Je me sens beaucoup plus à l’aise dans des cités plus petites à l’image de Lisbonne ou de Zagreb. Et puis, Madrid est une ville chère où le centre – et progressivement les quartiers alentour – s’est converti en un ghetto de riches. Dans notre malheur, nous avons pour l’instant échappé au destin d’une Barcelone, véritable parc à touristes et qui perd ainsi une partie de son identité culturelle. Heureusement que nous n’avons pas la mer à côté…


 

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