Raices : revue d'actualité, culture et langue espagnoles

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Daniel Matias

» Sol y sombra
Par Daniel Matias

Lumière. Lumières de la modernité avec l’image qui a fait le tour du monde : une jeune femme enceinte passe en revue les troupes. En faisant appel à Carme Chacón, catalane et petite-fille d’anarchiste, au poste de ministre de la Défense, Zapatero a frappé les esprits. Le nouveau gouvernement espagnol compte 9 femmes sur 17 ministres, une révolution mondiale dans un pays tenu comme un bastion du conservatisme. Ce n’est pas la seule grande nouveauté, car Madrid vient de donner son feu vert au « testament biologique » au grand dam de l’Eglise qui n’a toujours pas digéré, entre autres choses, la légalisation du mariage homosexuel. Lumières technologiques avec le grand bond en avant du pays en termes d’énergie solaire. L’Espagne, bénéficiant d’un ensoleillement record, ne pouvait que s’engouffrer dans la Puerta del Sol.
Lumières aveuglantes diront certains. L’Espagne bat pavillon solaire, soit. Mais, ses vieilles centrales nucléaires, gérées par des entreprises privées à la santé florissante, montrent des signes inquiétants de surchauffe. Pourtant les médias ne s’attardent guère sur ces bombes à retardement en sol ibère, préférant d’autres bombes plus visibles. C’est le sens des mots de Lucía Extebarria, nouvelle pasionaria des lettres et qui s’attaque tous azimuts aux parts d’ombre du kaléidoscope espagnol. Une femme au républicanisme farouche, particulièrement d’actualité à l’heure où l’on célèbre le bicentenaire de l’insurrection populaire contre Napoléon… Et où l’on se souvient de la lâcheté des souverains. À l’ombre de l’Histoire, la route est longue pour faire triompher la raison, chère à Goya: depuis Aranjuez jusqu’aux révoltes d’aujourd’hui contre une Espagne aux inégalités criantes, en passant par l’engagement d’un soldat républicain sur le front aragonais. Finissons notre plongée dans cette Espagne complexe, et donc formidablement vivante, par une visite dans une région située, sur la carte des opérateurs touristiques, à l’ombre de Madrid, de Barcelone, ou encore des plages de Méditerranée. Oui, prenons notre bâton de pèlerin et achevons notre route par la lumineuse Galice. Tous les chemins y mènent paraît-il.

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