» La prostitution en Espagne
Par Ramon Vilalta
Régulariser ou interdire la prostitution? Ce qui pourrait être à première vue une question simple suscite pourtant des réponses différentes selon les législations européennes, et même, selon les villes espagnoles.
La polémique a ressurgi en Espagne face au nombre croissant de prostituées dans les principales villes du pays.
Les Caye et Zule, les deux « Princesas » du réalisateur Fernando Leon de Aranoa, sont en effet de plus en plus nombreuses et le film est, plus que jamais d'actualité. L'une est Madrilène, et subit la concurrence venue d'Amérique Latine, ces filles qui cassent les prix et acceptent n'importe quoi de leurs clients. L'autre est la parfaite rivale, une jeune Dominicaine qui a laissé son fils au pays. Histoires croisées de « deux femmes, deux putes, deux princesses », embarquées dans la même galère et qui découvrent l'amitié avec en toile de fond, leurs rêves de petites filles. Jamais pleurnichard ni idéaliste, le film est simplement humain. Et l'on se sent finalement étrangement proche de ces deux filles, un sentiment qui a déjà valu trois Goyas (l'équivalent des Césars) à l'équipe.
L'émancipation de la femme, ainsi que la libération sexuelle des années 70, ont donné une certaine impulsion à la dépénalisation de la prostitution non forcée. Un courant mené par les mouvements féministes pouvant aller parfois jusqu'à une certaine légalisation ou régularisation du commerce du sexe et de la pornographie.
En séparant la relation sexuelle payée entre adultes consentants de la prostitution forcée et autres délits connexes tels que le trafic de drogue ou le blanchiment d'argent, ces mesures ont réduit la violence.
Mais dans les années 90, l'irruption des drogues dures et de la prostitution liée à la toxicomanie et donc le sida, ont changé la donne.