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Raíces: le dernier martyr

» Le dernier martyr
Par Enzo Natta
Il y a trente-trois ans disparaissait Salvador Puig Antich, le dernier condamné politique de la dictature franquiste. Il avait 26 ans. Accusé du meurtre d’un policier, il est déclaré coupable au terme d’un procès expéditif uniquement à charge. Franco restera inflexible, malgré la réaction de l’opinion internationale. Retour sur cet événement à l’occasion de la sortie du film Salvador.


Le 2 mars 1974 en Espagne, Salvador Puig Antich est exécuté. La nouvelle trouve peu d’écho dans la presse internationale, alors que l’affaire Puig avait dans l’ensemble été relativement suivie, et que le pape Paul VI en personne était intervenu par une lettre adressée au général Franco, pour lui demander la grâce du jeune Catalan, militant du Movimiento ibérico de liberación (MIL) (1).
Cette histoire est aujourd’hui rappelée à la vie par le réalisateur espagnol Manuel Huerga dans le film Salvador (2). L’action commence en septembre 1973, au moment où les agents de la police politique franquiste referment leur piège sur deux militants du MIL. Des coups de feu sont échangés : un inspecteur de police perd la vie, et Salvador Puig Antich est grièvement blessé. Après une longue hospitalisation, Salvador Puig Antich est transféré à la prison barcelonaise de Modelo dans l’attente d’un procès. C’est dans cette situation, dans la solitude de son isolement - avec seulement deux visites hebdomadaires, le jeudi et le samedi, pour vingt minutes au plus, et l’interdiction de parler catalan - que le jeune Salvador revient sur son expérience humaine et politique, ses rêves, ses espoirs de changer le pays, où la dictature de Francisco Franco dure depuis près de 35 ans.
(…)

Coup de fil du pape
Coupés d’une base qui leur a tourné le dos, détachés de la réalité politique du pays, ses compagnons ne peuvent rien faire pour lui, à part défouler leur rage à coups de mitraillette sur la façade du consulat d’Espagne à Toulouse.
(…)

Un film… enfin

L’épisode de l’enterrement est l’une des scènes les plus belles du dernier film du réalisateur espagnol Manuel Huerga, précédée par celle de la petite sœur arrivant haletante, juste à temps pour voir le fourgon mortuaire sortir de la prison. Une course qui, malheureusement, n’est pas la course vers la liberté des 400 Coups de Truffaut, que l’aînée avait évoquée peu de temps auparavant, comme une image d’espoir.


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